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ALLAIN Carine

ALLAIN Carine

Auteure - Thérapeute clairvoyante - Cofondatrice de Acte & Sens. Structures et dynamiques inconscientes au cœur de nos défis.


L’autonomie et ses paradoxes : entre pouvoir, choix et relations humaines

Publié par Carine Allain sur 6 Octobre 2026, 18:51pm

Nous associons souvent l’autonomie au fait de savoir se débrouiller seul, de ne dépendre de personne, de pouvoir prendre en charge sa vie et ce qu’elle demande. Pourtant, l’autonomie ne se résume pas à notre capacité à faire. Elle commence peut-être précisément au moment où nous devenons capables de choisir ce que nous voulons réellement faire, ce que nous ne voulons plus porter et la manière dont nous souhaitons vivre avec les autres.

Être autonome, est-ce vraiment pouvoir tout faire seul ?

Être capable d’apprendre, de s’adapter, de développer des compétences et de trouver des solutions est précieux. Mais si nous restons uniquement dans cette logique de capacité, l’autonomie peut devenir une nouvelle exigence : celle de devoir tout pouvoir.

La conscience introduit alors une question différente : si je peux le faire, est-ce que je le choisis réellement ?

C’est à cet endroit que l’autonomie change de nature. Elle ne se mesure plus seulement à ce que nous sommes capables d’assumer, mais à notre capacité à discerner ce qui mérite réellement notre temps, notre énergie et notre engagement.

« L’autonomie ne commence peut-être pas lorsque je peux tout faire, mais lorsque je n’ai plus besoin de tout faire pour me sentir capable. »
Carine ALLAIN

Prenez un instant.

Dans votre propre vie, combien de choses continuez-vous à porter simplement parce que vous pensez que vous devriez être capable de les porter ?

Entre impuissance et toute-puissance, retrouver le choix

Notre inconscient ne raisonne pas toujours avec la simplicité que nous aimerions lui prêter.

Demander de l’aide peut être associé à une faiblesse. Déléguer peut réveiller l’impression de ne pas être à la hauteur. À l’inverse, réussir à tout gérer seul peut devenir une preuve silencieuse de valeur, de force ou de légitimité.

Nous pouvons alors osciller entre deux extrêmes qui semblent opposés, mais appartiennent au même système : l’impuissance et la toute-puissance.

Dans un cas, je crois que je ne peux pas. Dans l’autre, je pense que je devrais pouvoir tout faire.

Dans les deux cas, quelque chose disparaît : la possibilité de choisir.

Une autonomie plus consciente apparaît lorsque nous pouvons reconnaître nos capacités sans être obligés de les démontrer en permanence. Faire appel à quelqu’un, demander une compétence, utiliser un service ou simplement décider de ne pas investir une tâche ne signifie pas forcément être incapable de la réaliser.

Cela peut être un véritable choix de vie.

Je sais ce que je peux faire. Je reconnais aussi où je souhaite mettre mon temps, mon énergie et ma présence.

Et c’est là qu’une autre question peut apparaître :

Ma vie est-elle encore organisée par ce que je crois devoir être, ou commence-t-elle à s’organiser autour de ce que je choisis consciemment de vivre ?

L’autonomie devient réelle lorsqu’elle laisse aussi l’autre libre

Nous pouvons vouloir être libres tout en cherchant, parfois inconsciemment, à ce que les autres absorbent les conséquences de cette liberté.

C’est ici que la question de l’autonomie rencontre celle du pouvoir.

Ne pas vouloir faire quelque chose ne donne pas automatiquement à l’autre la responsabilité de le faire à notre place. Avoir davantage d’argent, de compétences, de responsabilités ou de poids dans une relation ne donne pas davantage de légitimité à imposer ses propres choix.

L’autonomie devient véritablement relationnelle lorsque ma liberté peut cohabiter avec celle de l’autre.

Je peux dire ce que je veux, ce que je ne veux plus, ce dont j’ai besoin ou ce que je suis prêt à donner, tout en laissant à l’autre la possibilité d’en faire autant.

La relation ne cherche alors plus seulement à répartir les contraintes. Elle peut commencer à créer une solution différente.

Cela transforme profondément la manière de vivre le couple, la famille, le travail et, plus largement, les relations humaines. Il ne s’agit plus uniquement de savoir qui va céder, qui va porter davantage ou qui aura le dernier mot. Il s’agit de construire à partir de deux réalités qui ont chacune le droit d’exister.

« Ma liberté ne devient pas plus grande lorsque celle de l’autre diminue. Elle devient plus consciente lorsque nous pouvons rester deux sans avoir besoin de nous contraindre. »
Carine ALLAIN

Être libre sans avoir besoin d’échapper au regard de l’autre

Il existe pourtant une forme plus ancienne de l’autonomie, souvent profondément inscrite dans l’inconscient.

Lorsque nous étions enfants ou adolescents, une partie de notre liberté s’est nécessairement construite dans les espaces où les adultes ne voyaient pas tout. Nous avons appris à développer notre monde, nos pensées, nos expériences et parfois nos transgressions.

Pour certains, cette recherche d’espace a pu associer très tôt liberté et dissimulation.

Être autonome pouvait alors signifier parvenir à échapper au regard, aux règles ou au contrôle de l’autre. Le mensonge, la manipulation ou le contournement pouvaient devenir des moyens de préserver une marge de manœuvre.

Ce fonctionnement a pu avoir une utilité à une époque de notre vie. La difficulté apparaît lorsqu’il continue d’organiser silencieusement nos relations adultes.

Il devient alors plus difficile de se sentir libre lorsque tout est clair. Dire réellement ce que l’on veut peut sembler plus dangereux que de l’obtenir indirectement. Poser une limite peut paraître plus difficile que de prendre de la distance. Exprimer un besoin oblige également à accepter que l’autre puisse répondre oui, mais aussi non.

L’autonomie adulte demande précisément ce passage : ne plus avoir besoin de cacher pour se sentir libre.

Pouvoir être visible sans se sentir captif. Pouvoir être en désaccord sans avoir besoin de rompre le lien. Pouvoir créer des règles et accepter qu’elles évoluent lorsque les personnes, les besoins et les relations grandissent.

« Grandir en autonomie, c’est peut-être découvrir que je peux rester profondément moi sans avoir besoin de disparaître du regard de l’autre. »
Carine ALLAIN

C’est ici que la confiance et l’enracinement prennent tout leur sens.

La confiance en soi ne consiste pas à ne plus avoir besoin de personne. La confiance dans l’autre ne consiste pas à lui abandonner notre pouvoir de décision.

Elles permettent de rester en relation sans perdre notre propre axe.

L’autonomie cesse alors d’être une tentative de séparation. Elle devient une manière plus consciente d’habiter notre place, de reconnaître nos choix et de rencontrer ceux des autres sans nous effacer ni chercher à les contrôler.

Revenir à une autonomie plus consciente

L’autonomie ne nous demande peut-être pas de devenir plus forts, plus indépendants ou plus détachés. Elle nous invite plutôt à devenir plus conscients de ce qui nous anime, de ce que nous choisissons réellement et de la place que nous laissons aux autres dans nos vies. À mesure que cette conscience s’affine, la liberté d’être cesse d’être une opposition ou une fuite. Elle devient une manière juste de rester soi, enraciné dans sa propre direction, tout en demeurant pleinement relié au monde.

Alors une question reste ouverte : où, aujourd’hui, pourriez-vous choisir avec un peu plus de conscience, de liberté et de présence ?

Pour aller plus loins:
RDV Individuel avec Carine ALLAIN
Actualités ACTE&SENS

 

Là où le pouvoir cherche à imposer, l’autonomie apprend à choisir.

Carine Allain

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